Lorsqu’en 1590 des navigateurs portugais abordèrent Taïwan, ils trouvèrent un décor si idyllique qu’ils décidèrent de
la nommer Ilha Formosa, la belle île, Formose pour les ...
Lire la suiteLorsqu’en 1590 des navigateurs portugais abordèrent Taïwan, ils trouvèrent un décor si idyllique qu’ils décidèrent de
la nommer Ilha Formosa, la belle île, Formose pour les Français… L’île était alors peuplée de populations d’origine malaisienne ou indochinoise, les Atayat, les Saisat, les Bunun les Tsou, les Tukai et les Ami, qui ne constituent plus aujourd’hui que de faibles minorités vivant dans les régions montagneuses du nord-est de l’île. Taïwan appartenait alors nominalement à l’empire chinois, mais les seuls quelques navires chinois y abordaient sporadiquement. Les Portugais furent rapidement supplantés par les Espagnols puis les Hollandais qui tirèrent d’importants revenus de la canne à sucre et de l’indigo et incitèrent des paysans chinois à venir s’installer dans l’île. Tout changea en 1661, lorsqu’un général chinois – Koxinga – resté fidèle à
la dynastie Ming qui avait été renversée par les Mandchous, vint s’y installer. Taïwan devint alors le centre névralgique de la résistance contre les Mandchous et des dizaines de milliers de Chinois vinrent s’y installer. Le mouvement ne cessa pas lorsque Taïwan regagna le giron de l’empire et l’immigration se poursuivit, donnant à l’île son paysage démographique actuel, à 98 % chinois. À la fin du XIXe siècle, Taïwan fut o
ccupée par les Japonais qui ne l’abandonnèrent qu’en 1945. Après la victoire des forces communistes de Mao Tse Toung sur les nationalistes du Kouomintang de Tchiang Kai-chek, l’armée et les partisans de ce dernier trouvèrent refuge à Taïwan et établirent à Taipei le gouvernement de la Chine nationaliste. Taïwan fut considéré par les puissances internationales comme le seul gouvernement légitime chinois jusqu’en 1971, date à laquelle l’ONU rejeta la représentation taïwanaise pour faire place à celle de la République populaire de Chine. Si Taïwan reste aujourd’hui indépendante, la pression de Pékin se fait toujours plus forte, mais il semble que l’heure de la réunification n’ait pas encore sonnée.